tweet share button
Login ou pseudo : Mot de Passe : Accés Blog
image de Benjamin Zarka

Bonjour bienvenue sur mon site !
Tous les livres, poèmes et nouvelles que vous voyez sur ce site sont à votre disposition gratuitement sur demande grâce à la page contact .


ATTENTION = Certaines fonctionnalités de ce site, telles que le mini-chat, poster sur les forums, le téléchargement des nouvelles et accéder aux profils, sont réservées aux membres inscrits et connectés

Accéder au forum

POESIE DE BENJAMIN ZARKA : TRYPTIQUE

SANG ET LUMIERE : Second volet (suite)

Je cherche des mots lourds, ils me glissent des mains.
Mes bras se rabougrissent, et je pense à demain.
Demain ! Encore demain ! C'est toujours pour demain !
Je regarde le ciel, je ne vois que le vent,
Je ne vois que le vent qui n'a pas de visage,
Les étoiles trop loin aux saveurs exotiques.
Un arbre jette ses feuilles … n'importe où … sur le sol
Et la feuille s'efface – il reste de l'humus.
Les hommes-feuilles vont, par les rues convergentes
Avec leurs jambes lourdes, leurs yeux écartelés,
Avec leurs mains qui tremblent, aux gestes délabrés.
Si le soleil là-haut invente le pollen,
Si le terre préfère les ocres aux vert-de-gris,
Avec leurs jambes lourdes, leurs yeux métallisés,
Les hommes-feuilles vont, par l'univers figé,
Dans l'acier, le béton, où s'ennuie le néon.
Robots inoxydables, ils épellent la vie,
Hésitent un moment, repartent vers l'oubli.
Demain ! Encore demain!C'est toujours pour demain !
Les étoiles si loin aux lueurs ironiques.
Le ciel tressé d'oiseaux aux plumes de soleil.
Demain ! Encore demain !
Je cherche des mots lourds. Ils me glissent des mains.

Je n'écris plus de poèmes.
Je ne sais plus chanter.
Comment te dire : je t'aime
Avec des mots cassés ?
Je regarde ce monde
D'où je vais m'effacer,
Et ma peine est profonde,
Et mon cœur est glacé.
Ce monde en plein délire
Ne sait même plus rire,
Ne sait plus que détruire.
Ce monde est bien malade,
Qui meurtrit son enfance,
Cultive la démence
Pour de folles croisades !
Croisades meurtrières
Où des foules entières
Malgré larmes, prières
Meurent parmi les pierres.
Comment te dire : je t'aime
Avec des mots flétris ?
Pauvres mots-chrysanthèmes
Broyés dans l'hystérie.
Pourtant mon amour chante ,
Avec ces mots de fleurs,
Et mon espoir invente
L'image du bonheur.
Je t'offre ma chanson,
Sans ailes, sans auréole,
Accueille ces paroles
Comme riche moisson.

LES FRUITS DE LA GUERRE

Du pain ! Du pain !
Ce pain moisi que vous boudez !
Du pain ! Du pain ! Rien qu'un croûton
À ronger … À ronger... À ronger !

Un scorpion noir hurle en ma chair.
J'avale une poignée de terre.
Du pain ! Du pain !

Sur ton sein tari, mère,
Ton bébé vagit.
Tu n'as donc pas d'entrailles ?
Sur ton sein tari, monstre,
Ton bébé vagit.

Donne-lui ton sang, donne-lui ta chair
À sucer … à sucer … à sucer !
Sur ton sein tari et flasque,
Pauvre femme, ton bébé vagit.

Si l'on pouvait manger les bombes …
Les bombes, à quoi bon ?
… Les bébés, à quoi bon ?
Des bouches qui ne s'ouvrent
Que pour manger... manger … manger.
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        CONFORT

        La lampe luit, tombe la pluie !
        Dans un fauteuil, la mère coud.
        Les enfants jouent. Le poste braille.
        C'est dimanche. On est si bien !

        Sur le fourneau, la soupe embaume.
        Le chat bâille de bien-être.
        Le vent souffle. Tombe la pluie !
        C'est dimanche. On est si bien !

    Ailleurs, on pleure … on crie … on souffre !
        Crisse la chair ! Le sang coule.
        Le père lit un roman noir
        Où un surhomme casse du Viet.
        C'est dimanche. On est si bien !
POURQUOI ?

Dis-moi, la Terre ,
Ce qui ne va pas ?
      
      J'ai mal à mes cours d'eau
      Mes lacs, mes océans,
      Ma Méditerranée, souillés, dénaturés.

Dis-moi encore la Terre
Pourquoi çà ne va pas ?

      J'ai mal à mon ozone
      On me l'a déchirée !

Dis- moi toujours la Terre
Tout ce qui ne va pas ?

        J'ai surtout mal aux hommes !
        Je ne les comprend pas.

        J'ai de quoi satisfaire
        L'humanité entière.
        Alors, pourquoi la guerre,
        Et pourquoi la misère ?

"Je ne connais qu'un devoir, c'est celui d'aimer"
Albert Camus

"Si tu veux comprendre le mot de bonheur, il faut l'entendre comme récompense et non comme but."
Saint-Exupéry (Antoine de)

retourner en haut de la page